Burkina Faso

Procès du putsch du CND : "Gardez-moi seul à la MACA, même si c'est pour 100 ans", déclare Gilbert Diendéré

Le Faso - 1 ora 13 min fa

L'audition du général de brigade Gilbert Diendéré se poursuit, ce mercredi 12 décembre 2018

S'il y a un sujet qui passe et repasse à la barre, c'est celui de la comparution de la hiérarchie militaire. Selon le parquet militaire, le général Diendéré a déclaré qu'à partir du 17 septembre 2015, la hiérarchie militaire a agi sous ses ordres en tant que chefs suprême des armées.

L'accusé ne digère pas cette théorie et demande la parole. Pour lui, les sous-officiers ont également agi sous ses ordres, pourquoi sont-il dans le box des accusés et non la hiérarchie militaire, s'interroge-t-il. Chose qu'il a qualifié "d'injustice".

"Si on ne veut pas inquiéter les grands, qu'on laisse les petits qui sont là. Gardez-moi seul à la MACA, même si c'est pour 100 ans", a-t-il déclaré.

Cette déclaration a suscité des ovations dans la salle.

Selon l'avocat de la défense, Me Dieudonné Bonkougou, ce procès du putsch est un arrangement entre amis. Pour lui, au regard des récits de ces trois semaines, Gilbert Diendéré est la clé de voûte.

"Les trois semaines du général Gilbert Diendéré confirment tout ce qu'on savait de cette affaire", a-t-il affirmé, avant d'ajouter que même le commun des Burkinabè le savait déjà.

Pour paraphraser les saintes écritures, Me Bonkougou a indiqué que la justice est le sel de la société. Il revient donc aux juges de donner cette saveur à la société.

"Où est Zida", s'est interrogé Me Bonkougou. S'il a servi ce pays en révolutionnaire, il devrait être parmi les victimes qui sont ici, a-t-il conclu.

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58è anniversaire de l'indépendance : Le Burkina a revisité son histoire à Manga

Le Faso - 13 ore 12 min fa

C'est ce mardi, 11 décembre 2018, que le Burkina Faso a magnifié le 58è anniversaire de son accession à l'indépendance. Cette année, c'est Manga, chef-lieu de la région du Centre-sud, qui a accueilli la célébration officielle autour du thème : « Bonne gouvernance et équité sociale pour une nation forte et prospère ».

La célébration 2018 de la fête de l'indépendance a tenu toutes ses promesses, dira-t-on. En plus des autres volets d'activités entrant dans le cadre des festivités, la cérémonie du 11 décembre a drainé un grand monde sur l'imposant espace dédié au défilé civil et militaire, clou de la célébration. Un espace qui s'est d'ailleurs avéré petit pour contenir le monde, dont certains invités officiels, obligé de rebrousser chemin pour se rabattre sur le petit écran. C'est dans cette ambiance générale que les défilants, estimés à 4 500 (dont 1 500 para-militaires, militaires et 3 000 civils), ont marqué les pas pour l'évènement.

Après une minute de silence en la mémoire de tous ceux qui sont tombés pour la défense de la patrie, place est faite au défilé à proprement dit.

Le ton est donné par les civils, qui se succèdent dans des pas coordonnés, fièrement enlevés. A la fin du circuit, la joie se lisait sur le visage de chaque défilant, fier d'avoir tenu le pari du défilé. « Ça a l'air de rien, mais c'est en réalité très compliqué parce que c'est stressant. Un seul faux pas et vous gâchez le travail de tout un groupe. C'est stressant et fatigant, physiquement », lâche un spectateur qui semble revivre ces instants.

L'un des passages les plus applaudis par les populations est sans doute celui des régions ; elles ont rivalisé de créativité, chacune ayant fait appel à une identité.
A ces nombreux groupes de civils, succèdent les para-militaires et militaires. C'est le moment tant attendu par les populations, car une parade militaire ne se vit pas en toutes circonstances.

Le ballet est ouvert par la garde nationale de la gendarmerie. Elle est suivie par la troupe du pays invité, la Côte d'Ivoire. Celle-ci s'illustre au passage par l'ambiance qu'elle a distillée.

Accompagnées d'ovations nourries des populations, les troupes des Forces de défense et de sécurité ont, une fois de plus, suscité l'admiration. Mieux, contexte national oblige, la sympathie pour celles-ci était bien perceptible dans les rangs des populations. « Il faut les encourager, c'est maintenant qu'ils (Forces de défense et de sécurité, ndlr) ont besoin de notre soutien », clame un spectateur, drapeau en main, avant de lancer plus loin : « on est derrière vous, on vous soutient, jour et nuit ».

Pendant plus de trois heures, et malgré la canicule, les défilants ont tenu le coup, au bonheur des nombreuses personnalités et populations. Pari réussi donc pour l'ensemble des Burkinabè pour la tenue effective de l'évènement, à la région du Centre-sud en particulier pour la réussite du 58è anniversaire.

Désormais, les couleurs sont annoncées pour la région du Centre-est (dont Tenkodogo est le chef-lieu) qui va accueillir les festivités du 11 décembre 2019, le 59ème anniversaire.

OL
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Message à la nation du président du Faso : Les Burkinabè sont-ils réellement disposés à l'unité et à la cohésion nationale ?

Le Faso - 13 ore 21 min fa

« Bonne gouvernance, et équité sociale pour une nation forte et prospère ». C'est sous ce thème évocateur, que le Burkina Faso marque, ce 11 décembre 2018, le 58è anniversaire de son indépendance. Comme à chaque veille de cet évènement, le président du Faso s'est adressé à ses compatriotes à travers son « message à la nation ». C'est l'un des moments les plus attendus des festivités du 11-décembre.

A Manga (chef-lieu de la région du Centre-sud qui abrite cet anniversaire) où il séjourne depuis dimanche, 9 décembre 2018, le président Roch Kaboré a, par cet instant, dépeint la situation nationale, marquée entre autres par ces nombreuses attaques terroristes et leurs corollaires de morts, de veuves (veufs) et d'orphelins ainsi que plus de 400 mille enfants des régions du sahel, du nord et de l'est, contraints à abandonner l'école. Et ce également, dans un contexte où l'Etat a été contraint à quitter certaines zones de son propre territoire.

Bref, le 58è anniversaire se tient dans une situation délétère qui se vit qu'elle ne se conte. A telle enseigne que pour des Burkinabè d'un certain âge, le pays n'a jamais été autant éprouvé depuis 1960 (année de son ascension à l'indépendance). Et comme si la dégradation générale de la situation sécuritaire ne suffisait pas, l'incivisme, l'intolérance, l'égocentrisme…ont pris des proportions très inquiétantes. Faisant de la société burkinabè, un vrai « cafroumaillé » (pour emprunter l'expression chère au ministre d'Etat, Simon Compaoré), parlant de « désordre ambiant ».

« …aucune nation ne peut prospérer dans le désordre, l'incivisme et la corruption qui sont les fléaux qui fragilisent la cohésion sociale et les efforts pour un mieux-être pour tous. De même, nous ne pourrons transformer profondément notre économie sans un minimum de culture de l'effort, du sacrifice, du patriotisme, de l'intégrité et du travail bien accompli », expose Roch Kaboré avant d'inviter les Burkinabè à œuvrer à l'unité, la cohésion et la solidarité.

Comme on le sait, les maux du Burkina sont connus, et il ne faut pas avoir peur des mots. Comment trouver la bonne parade pour aller à l'essentiel dans un pays où les uns prennent leur orgueil personnel et désidérata pour des lois de la république ? Comment parvenir à un idéal commun, lorsque le passé n'a jamais servi à guider le présent ?

Le Burkina a besoin de l'humilité de ses filles et fils. A tous les échelons de la vie. C'est une condition basique pour entamer une marche commune. Sans ce minimum de lucidité, il sera très difficile d'aboutir à l'idéal commun et les actions de construction ne seront en réalité que des velléités de vengeance des uns sur les autres. Or, dans une telle option, il n'y a pas d'avenir pour ce pays car, il n'y aura que des groupuscules qui viendront défendre leur orgueil et s'éclipser.

Pour tout dire, il faut une renaissance des esprits au Burkina, que la plupart des Burkinabè acceptent de formater leur esprit. C'est cela aimer son pays, c'est cela travailler pour l'intérêt général. C'est dans cet esprit que dans la divergence, les Burkinabè pourront se dessiner un destin commun.

Le président du Faso, garant de l'unité nationale et de la cohésion sociale se doit aussi d'insuffler ce vent en dénichant ces femmes et hommes qui se voient contraints au silence par l'action populiste et égoïste de ces nombreux Burkinabè (dits éclairés). Ces Burkinabè existent dans toutes les contrées du pays, il faut simplement aller les chercher pour les engager dans ce projet de construction d'idéal commun.

Oumar L. Ouédraogo
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Crises sociales en Europe : Et pourtant Thomas Sankara avait mis en garde les populations occidentales

Le Faso - 14 ore 11 min fa

Le continent européen est en proie aujourd'hui à des luttes sociales. Le pouvoir d'achat des populations a considérablement diminué. Elles font face à diverses taxes. Ces taxes ont contribué à étouffer les citoyens. Pour espérer d'avoir une amélioration de leurs conditions de vie, les populations n'hésitent pas à manifester. C'est le cas en ce moment en France avec les Gilets jaunes. Ces Français disent avoir marre de payer des impôts pour enrichir et entretenir des riches. Pourtant, Thomas Sankara, le leader de la Révolution burkinabè d'août 1983, les avait prévenus. Pour lui, ce sont ceux qui exploitent l'Afrique qui exploitent l'Europe.

« Il y a crise parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus ». C'est ce que disait Thomas Sankara le 29 juillet 1987 à Addis Abeba, en Ethiopie. Ce jour-là, le leader de la Révolution burkinabè justifiait pourquoi il y avait la crise de la dette à cette époque. Aujourd'hui, c'est comme si Thomas Sankara était un prophète. Trente ans plus tard, le discours du révolutionnaire est aujourd'hui une réalité. L'Europe est en crise. La France fait face à des revendications sociales. Les populations refusent justement de travailler pour rendre les riches plus riches.

Les citoyens se saignent pour se nourrir, se soigner et se vêtir. Et dans le peu qu'ils gagnent, l'Etat demande encore à ces pauvres personnes de donner près de 30% de leurs revenus. Or, dans le même temps, les grandes multinationales paient moins de 10% d'impôts.
Il revient à ceux que la misère frappe de travailler pour entretenir les oligarques. C'est ainsi le système capitalisme. L'Afrique est aussi pillée par les mêmes personnes. Donc les peuples africains et européens ont le même combat. Mais malheureusement, le message du jeune capitaine n'a pas été compris plus tôt.

Aujourd'hui, ils font face à la réalité. Seulement, aujourd'hui, de notre lecture, les Africains et les populations européennes n'ont plus les mêmes intérêts. En refusant de se sacrifier pour faire fonctionner leurs pays respectifs, ils obligent leurs gouvernants à chercher des sources de financement ailleurs.

Or, ils ont complètement oublié que l'Europe dispose de peu de richesses. Leur économie est supportée par l'Afrique. En France, Emmanuel Macron a consenti près de 8 à 10 milliards d'euros pour contenir les Gilets jaunes. Cela nous fait peur. L'on s'inquiète du fait que pour mobiliser cette bagatelle somme, l'Elysée soit obligé de réveiller la France-Afrique.

Pourtant, Emmanuel Macron, le président Français, s'était engagé à la supprimer. La France-Afrique, c'est quoi ? C'est tout simple. C'est la reprise des pillages des ressources naturelles africaines. Cela passe par la création de conflits. Les armes sont vendues à tous les belligérants. Ce sont les mêmes conseillers qui sont à leurs services.

Lorsque les armes sont stockées et qu'on a besoin de liquidité, c'est simple. On peut créer un conflit, armer une partie et contraindre ainsi l'Etat à se procurer des armes pour se défendre. Pour tout clore, on crée une force d'interposition pour mieux occuper le pays en question.

C'est dommage, mais l'on a peur que pour que l'Europe puisse se refaire, l'Afrique se saigne encore plus. Pourtant, elle a déjà subi. Elle a survécu à l'esclavage. Elle a peiné sous la colonisation. Elle a gémi pendant les guerres mondiales. Elle vivote dans cette période post-indépendance. L'Afrique a gouté à toutes les misères du monde. On croyait que c'était la fin avec Emmanuel Macron.

Mais ses compatriotes en ont décidé autrement. Mais cette lecture, tous les Africains la connaissent. Mais ils ne font pas d'effort pour rééquilibrer le rapport de forces. Finalement, il faut aussi accepter de se dire la vérité. Les dirigeants européens sont élus pour répondre aux besoins de leurs populations. C'est ce qu'ils font. L'Afrique n'a qu'à faire de même. Mais enfin, les Africains veulent-ils vraiment le bonheur ?

Dimitri OUEDRAOGO
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11-Décembre 2018 : A Fada N'Gourma, on a fêté sans parade militaire ni civile

Le Faso - Mar, 11/12/2018 - 23:19

La région de l'Est, à l'instar des autres régions du pays, a célébré le 58e anniversaire de l'indépendance du Burkina Faso, ce mardi 11 décembre 2018. Actualité sécuritaire oblige, la fête a été sobre, sans parade militaire ni civile.

Le gouverneur de la région de l'Est, le colonel Ousmane Traoré, est arrivé dans un véhicule offert par le Programme alimentaire mondial (PAM) qui lui sert de véhicule de service. Selon certaines indiscrétions, cette situation dure depuis longtemps parce que le véhicule de fonction du gouverneur est endommagé.

La célébration du 11-Décembre régional a donc eu lieu dans la cour du gouvernorat. Une cérémonie qui a été ponctuée par le discours du gouverneur et la remise de distinctions à 74 récipiendaires. Il n'y a pas eu de parade militaire, ni civile.

Le colonel Ousmane Traoré, gouverneur de l'Est, a expliqué dans son discours que cette sobre célébration est due à la situation sécuritaire marquée par des attaques terroristes avec un bilan lourd. Il a donc salué la mémoire de toutes les victimes des attaques.

Selon le gouverneur, le Burkina Faso a connu une année 2018 éprouvante sur le plan sécuritaire. Il a invité les populations du Gulmu à plus de collaboration avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) afin de venir à bout du terrorisme qui a endeuillé des familles et provoqué la fermeture des écoles et la désertion des agents du public comme du privé.

Soumaila Sana
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Statut valorisant du monde de l'Education : Quand la guerre des corps prime sur l'intérêt général !

Le Faso - Mar, 11/12/2018 - 21:28

Le dialogue semble rompu entre la coordination nationale des syndicats de l'Education (CNSE) et le gouvernement. En atteste, les conférences de presse interposées des deux parties ces dernières semaines. Chacune des parties semble tirer la couverture de son côté et prenant l'opinion nationale à témoin.

Mais selon certaines informations provenant des coulisses des négociations, la partie gouvernementale semble exaspérer par les rivalités intestines entre les différents corps (du préscolaire, du primaire, du post-primaire et secondaire, du non formel, des personnels de gestion, etc.) au sein de la Coordination. D'où cette communication sur le statut alors que des blocages subsistaient.

Par exemple, il ressort que les inspecteurs du primaire, actuellement classés dans la catégorie A, échelle 1 réclament forcement à être classés en catégorie P, échelle C comme leurs collègues encadreurs de l'enseignement secondaire, notamment les conseillers pédagogiques de l'enseignement secondaire. Par ricochet, les inspecteurs de l'enseignement secondaire estiment que si le gouvernement concède à cette revendication, il faut que l'on les reclasse à la catégorie P échelle A, classification uniquement réservée aux agents de la fonction publique recrutés sur la base du doctorat en médecine, en pharmacie, en chirurgie-dentaire, plus un diplôme de spécialisation. Par ailleurs, les autres corps (Préscolaire, personnels de gestion, professeurs certifiés des lycées et collèges) qui sont actuellement en catégorie A1 estiment que si leurs collègues du primaire peuvent être reclassés en P échelle C, il devrait en être ainsi pour leurs corps respectifs actuellement classés en A échelle 1 également.

Trois problèmes se posent alors. Si le gouvernement accède à la revendication des inspecteurs du primaire, premièrement, tous les emplois classés en A échelle 1 risquent d'emboiter leur pas. Le gouvernement craint de répéter l'erreur commise avec les magistrats qui a déclenché toutes les revendications et mouvements sociaux ces trois dernières années.

Deuxièmement, si le gouvernement accède à la revendication des inspecteurs du secondaire, cela suppose que la loi n°081-2015/CNT portant statut général de la fonction publique d'Etat doit être révisée car pour l'instant, elle stipule que seuls ceux qui sont recrutés sur la base d'un doctorat dans le domaine de la santé plus un diplôme de spécialisation peuvent prétendre à la catégorie P échelle A. Troisièmement, Même si la loi venait à être modifiée, cela suppose que les agents classés dans la catégorie P échelle A puissent passer à une catégorie supérieure. A cela, il faut ajouter le coût financier qui va accompagner un tel accord alors qu'aux dernières nouvelles, la cagnotte budgétaire de l'Etat est de plus en plus réduite.

En plus de cette guéguerre entre corps, le Ministre de l'Education nationale et de l'Alphabétisation, le Pr Stanislas OUARO a indiqué lors de la conférence de presse du gouvernement que le deuxième point de blocage concerne la gestion de l'existant. En effet dans son intervention, il a fait savoir que le niveau de recrutement des enseignants du préscolaire et du primaire sera relevé à BAC+ 2 ans de formation ; donc désormais ces enseignants seront classés dès leur entrée dans la catégorie B échelle 1 et que dans un premier temps par examen professionnel ils pourront accéder à la catégorie A échelle 3 et dans un second temps par concours professionnel, ils pourront accéder à la catégorie A échelle 1, car les emplois d'Instituteur principal (A3) et de Conseiller pédagogique itinérant (A2) seront supprimés.

Aussi, ils pourront par les passerelles accéder à d'autres emplois qui ouvrent la voie à la catégorie P s'ils ont les diplômes universitaires requis. Ce qui est une bonne chose car dans le passé, un instituteur qui était recruté avec le BEPC avait près de 20 ans de carrière minimum pour être inspecteur alors qu'avec ce système, il peut désormais atteindre le plafond en moins de 10 ans. Pendant que le gouvernement propose que les Instituteurs adjoints certifiés (C1) puissent passer par simple examen professionnel à la catégorie B échelle 1 et que les instituteurs certifiés (B1) puissent également par simple examen professionnel passer à la catégorie A échelle 3, les syndicats estiment que le reclassement doit être automatique et sans condition.

Les syndicats exigent également que les instituteurs principaux et les conseillers pédagogiques existants puissent être reclassés de façon automatique en A1, et que les inspecteurs du primaire passent alors en PC. Ce mode de reclassement n'est prévu nulle part par la loi 081, alors que le protocole prévoit que le statut doit être élaboré en application de la loi 081.

A regarder de près, nous nous rendons compte que les points de blocages ne sont pas insurmontables si chacune des parties regardait l'intérêt général de l'Education et ce que le système éducatif gagne dans le présent et dans le futur. Il faut surtout arrêter à chaque fois de se poser les questions du genre « je gagne quoi » mais plutôt, « que gagne le système éducatif avec un tel accord ». La guerre de chiffonniers ne saurait donc mettre en péril notre système éducatif.

Le gouvernement devrait également respecter ses engagements déjà pris dans le cadre du protocole d'accord avec la coordination nationale des syndicats de l'Education en gérant sûrement avec plus de célérité les questions des carrières, des écoles sous-paillotes, de la cantine scolaire, des bourses, etc. Mais les syndicats doivent arrêter le tout « tout de suite et maintenant ou rien ».

Dans tous les cas, personne n'a intérêt à ce que cette crise naissante perdure, car c'est l'avenir de nos enfants et partant de notre pays qui est en jeu.

En bon entendeur, salut !

Olivier SAWADOGO, Socio-économiste
(olivierhien@yahoo.fr)

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Accès à l'eau potable : A Pô, l'eau coule difficilement…

Le Faso - Mar, 11/12/2018 - 21:14

Avec un taux d'accès à l'eau potable évalué à 98% dans la ville de Pô, selon les données de la Direction provinciale de l'eau et de l'assainissement du Nahouri, on estime que l'or bleu n'est pas une denrée rare dans cette partie du territoire. Et mieux, que l'engagement du président du Faso d'atteindre « zéro corvée d'eau » en 2020 pourrait bien être une réalité. Constat dans la province du Nahouri, l'une des trois provinces du Centre-Sud, région abritant la célébration du 58e anniversaire de l'indépendance du Burkina Faso.

L'eau c'est la vie, dit-on. Et si l'on se réfère aux données de la Direction provinciale de l'eau et de l'assainissement du Nahouri, le taux d'accès à l'eau potable dans la commune de Pô s'évaluerait à 82,8%. Le tableau semble reluisant et pourtant, la réalité est tout autre. « L'un de nos plus grands problèmes, c'est l'accès à l'eau. A l'heure où je vous parle, il n'y a aucune goutte d'eau dans nos robinets », témoigne un habitant du secteur N°6 de Pô, Oumar Tietiembou.

A l'en croire, malgré la présence de l'Office national de l'eau et de l'assainissement (ONEA), la situation serait critique dans certaines parties de la ville comme les secteurs 3 et 4. Là, dit-il, il faut veiller pour recueillir l'eau du robinet. Le premier responsable de la commune, le maire Akowé Victor Zanguyo, lui-même, le reconnaît : « Réellement, la population souffre beaucoup du manque d'eau. Il faut se lever pratiquement à 4h du matin pour avoir l'eau.

En plus, les bornes-fontaines dont disposent l'ONEA dans certains secteurs comme les secteurs 2, 3 et 7 ne fonctionnent pratiquement pas ». Puis d'asséner : « L'ONEA n'arrive pas à couvrir les besoins de la population. Les différents châteaux d'eau sont vidés en une journée et pire, nous sommes reliés au réseau électrique du Ghana, et lorsqu'il y a délestage, il n'y a plus d'énergie pour faire remonter l'eau ».
Le chef du centre de regroupement ONEA de Pô, Gédéon Yaméogo, ne dira pas le contraire. « Nous n'arrivons pas à couvrir les besoins réels de la population », a-t-il signifié. Et cela, malgré les seize ouvrages (nappe phréatique, forages) d'un débit cumulé de 1 400 m3 d'eau et les 40 bornes-fontaines actives.

« Cela fait près de neuf mois que la pompe ne fonctionne plus »

Loin de la ville et des services de l'ONEA, on ne trouve la denrée rare qu'au niveau des pompes à motricité humaine. A Tambolo, village situé à environ 9 km de Pô, les habitants connaissent bien l'utilité de l'une des quatre pompes que compte le village. Celle que nous avons visitée à la date du samedi 8 décembre 2018 a été acquise en 2007. Dames Akuya et Ananou que nous avons rencontrées sur les lieux affirment que leur vie a changé depuis l'installation de la pompe dans le village.

Contraintes autrefois de recueillir l'eau dans un marigot situé à quelques mètres de la pompe, ces femmes ne cachent pas leur enthousiasme et souhaiteraient tout de même en acquérir d'autres, au regard de l'affluence de la population et de la récurrence des pannes. Conscients de l'utilité de cet outil, les habitants ont installé un comité de gestion des pompes à motricité humaine pour pallier d'éventuelles difficultés.

A cet effet, la gestionnaire des pompes, Christine Kodé, a relevé qu'une cotisation annuelle est demandée à chaque famille pour l'entretien de la pompe. Et malgré la contribution annuelle de 500 francs pour les femmes et 1 000 francs CFA pour les hommes, une autre pompe située à environ 4 km de celle que nous avons visitée, ne fonctionne plus depuis environ neuf mois.

Au début, madame Kodé confie que cette pompe acquise en 2005 avec l'appui du PNGT (Programme national de gestion des terroirs) rencontrait un problème de débit. « Il fallait pomper un long moment et attendre ensuite que l'eau sorte ». Et maintenant, « il n'y a plus rien. Cela vaut huit ou neuf mois comme ça », confie la jeune Sophie Banouga. Cette pompe qui jouxte la cour familiale avait simplifié la corvée d'eau de cette élève en classe de 4e. Mais elle doit désormais se rendre à la pompe la plus proche, située à environ 4 kilomètres, pour s'approvisionner en eau potable.

Maire de la comme de Pô

Des forages pour combler le déficit à l'instar de Manga ?

Tout comme Manga, la commune de Pô verra-t-elle une augmentation de ses capacités de production et de stockage en eau, dans le cadre de la célébration du 11-Décembre ? Pour l'instant, cette ville, qui ne dispose pas de retenue d'eau, devrait se contenter du projet de cinq forages positifs d'un débit de 60 m3 entamé en début 2018 par l'ONEA.

« A ce jour, l'appel d'offres a été lancé. Le marché a été attribué et bientôt, nous allons passer au raccordement de ces ouvrages pour satisfaire les besoins réels de la population », promet le chef du Centre de regroupement ONEA de Pô, Gédéon Yaméogo. A défaut d'infrastructures réalisées dans le secteur de l'eau dans le cadre des festivités du 11-Décembre, les habitants de Pô espèrent tout de même que le gouvernement fera des efforts pour répondre à leurs besoins en eau potable et leur favoriser un cadre de vie sain.

Cette sortie terrain s'inscrit dans le cadre de la mission Fas'eau. Débuté en juillet 2017, ce projet ambitionne, d'ici au 31 décembre 2020, de « fortifier une société civile représentative défendant les droits humains auprès du gouvernement dans le secteur eau et assainissement ». La mise en œuvre du projet est assurée par un consortium d'organisations dont l'ONG IRC est le chef de file.

Nicole Ouédraogo
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Leasing de matériels miniers : IAMGOLD Essakane et la BICIAB signent une convention

Le Faso - Mar, 11/12/2018 - 21:06

La Banque internationale pour le commerce, l'industrie et l'agriculture au Burkina (BICIAB) et la société minière IAMGOLD Essakane ont signé une convention portant sur le financement en leasing de matériels miniers en faveur de la société IAMGOLD Essakane, le lundi 10 décembre, à Ouagadougou.

La convention signée entre la BICIAB et la société minière IAMGOLD Essakane porte sur un montant de 41 millions de dollars US, soit environ 24 milliards de F CFA, pour l'acquisition de matériels d'exploitation au profit de la société minière IAMGOLD Essakane, la plus importante mine d'or du Burkina Faso.

Selon l'administrateur-directeur général de la BICIAB, Yao Kouassi, « cette opération est inédite en ce qu'elle constitue la plus grosse opération de leasing de toute l'histoire bancaire du Burkina Faso, voire de l'UEMOA. Elle dépasse, à elle seule, l'encours porté à ce jour par toutes les banques opérant dans le pays, qui s'élevait en fin septembre 2018, à 8 955 milliards XOF ».

Créée en 1973, la BICIAB est une filiale du groupe BNP Paribas avec quinze agences au Burkina Faso. Le 28 juin 2018, elle a lancé son offre de leasing comprenant le crédit-bail et ses variantes et la location longue durée. A cette occasion, son directeur général, Yao Kouassi, avait indiqué qu'« il y a un déficit de financement en leasing dont les encours globaux s'établissent entre 6 et 8 milliards environ pour un potentiel de marché de l'ordre de 700 à 800 milliards de F CFA ; et la BICIAB entend prendre une part de marché significative dans le financement des équipements ».

Aujourd'hui, soit six mois après le lancement de cette offre, la BICIAB signe un engagement de crédit-bail dans cette lancée, de l'ordre de 24 milliards de F CFA, pour l'acquisition de matériels d'exploitation au profit de IAMGOLD Essakane.

L'administrateur-directeur général de la BICIAB explique que « le crédit-bail est une forme de financement qui consiste, pour un banquier, à acquérir du matériel d'exploitation qu'il loue à un client pour une période déterminée, au bout de laquelle le locataire à la possibilité de racheter également le matériel à une valeur appelée valeur résiduelle. C'est une forme de financement souple qui permet à l'entreprise de ne pas être étouffée et de garder ses moyens pour d'autres aspects de ses investissements ». Il ajoute que « la société minière IAMGOLD Essakane est la plus importante société minière au Burkina Faso, avec un chiffre d'affaires d'environ 500 millions d'euros par an ».

Le directeur général de IAMGOLD Essakane, Bruno Lemelin, abonde dans le même sens en soulignant que « IAMGOLD Essakane est une société dont le budget d'exploitation avoisine 400 millions de dollars US représentant environ 3% du Produit intérieur brut (PIB) du Burkina Faso ».

Pour lui, « lorsqu'on parle de développement durable, on parle aussi de l'environnement et de sa protection. Et le véritable développement, c'est le mariage entre l'économique, le social et l'environnemental. Cet accompagnement va donc permettre de maintenir les investissements de décapage et d'exploitation de la mine afin de dégager d'importants profits pour la société et pour la nation burkinabè ».

Etienne Lankoandé (stagiaire)
Lefaso.net

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Coopération : Bientôt l'ouverture de la chancellerie du Burkina à Pékin

Le Faso - Mar, 11/12/2018 - 20:55

Loin du bercail, la trentaine de journalistes qui séjourne depuis deux semaines en République populaire de Chine a rendu une visite au chargé d'affaires de l'ambassade du Burkina, à l'occasion de la fête nationale du pays des Hommes intègres, ce mardi 11 décembre 2018.

C'est par un froid de canard que la délégation de journalistes conduite par le directeur de cabinet du ministre de la Communication et des Relations avec le parlement, Adama Coulibaly, a rencontré le chargé d'affaires de l'ambassade du Burkina en Chine, Issa Joseph Paré, vêtu de son Faso Dan Fani. Patriotisme oblige, en ce 58e anniversaire de la fête nationale, ils entonnèrent en chœur l'hymne national, avant de rendre un hommage aux devanciers et aux victimes du terrorisme à travers une minute de silence. Ils disent garder espoir que les difficultés que rencontre le pays, notamment sur le plan sécuritaire, prendront fin.

Issa Joseph Paré, Chargé d'affaires

Un progrès continu

Revenant sur la vie en Chine, Issa Joseph Paré s'est dit émerveillé par le développement de ce pays qui, 40 ans après la mise en œuvre de la politique de réforme et d'ouverture, s'est hissé parmi les grands de ce monde. « C'est comme ils (les Chinois, ndlr) s'étaient cachés pour se développer. Ce n'est pas comme chez les Occidentaux où le progrès semble stagner. Ils n'ont rien à envier aux Occidentaux », a déclaré l'hôte des journalistes avant de se réjouir de voir de nombreuses entreprises chinoises prendre le chemin de Ouagadougou pour y mener leur business. « Ils sont pressés que nous délivrions les visas pour les passeports ordinaires ».

La délégation de journalistes lors du mot de bienvenue

Promesse de 200 bourses

La communauté burkinabè en Chine compte environ 400 âmes. A Pékin, la capitale, on y trouve surtout des étudiants, des stagiaires et des diplomates. Les hommes d'affaires, eux, se trouvent plus au Sud du pays. Sur la situation des étudiants burkinabè qui se trouvaient à Taïwan au moment du rétablissement des relations en mai dernier, Issa Joseph Paré a laissé entendre qu'un contact régulier existe avec ceux-ci qui sont aujourd'hui installés en Chine. Il dit espérer que le nombre des étudiants burkinabè va s'étoffer au regard des promesses de 200 bourses annoncées par l'Empire du milieu d'ici l'année prochaine.

Sur la chancellerie

Pour ce qui est de l'ouverture de la chancellerie, le chargé d'affaires a rassuré qu'elle sera effective dans les jours à venir. « Tout est fin prêt. Les travaux sont finis. Nous allons y mettre le matériel et commencer le travail ». Les choses devraient commencer à bouger donc d'ici la fin de l'année et Ouagadougou devrait accueillir le ministre des Affaires étrangères de la Chine au mois de janvier 2019.

Bouda Boubakar, Commissaire à la CENI

Fin de mission pour la mission de la CENI en Asie

L'équipe diplomatique n'était pas seule. Elle était en compagnie de la mission d'information de la CENI de l'axe Japon-Chine, en fin de séjour. Après avoir rencontré les Burkinabè de Tokyo, la mission, conduite par le commissaire Boubakar Bouda, a échangé avec la communauté installée en Chine sur la participation de la diaspora aux élections de 2020. Répondant aux questions des journalistes sur la polémique de l'opportunité de telles missions jugées budgétivores, M. Bouda a laissé entendre qu'il n'apprécie pas les conditions de développement institutionnel, de la paix sociale en termes de dépenses.

« J'apprécie beaucoup plus la paix, l'équilibre et le fonctionnement des institutions sans égards aux moyens financiers. On ne peut pas réunir plusieurs têtes sur un même sujet et espérer avoir les mêmes points de vue. Je respecte la vie de chacun mais pour ce qui me concerne, si vous estimez qu'en temps de paix, l'on gaspille, c'est en temps de guerre que vous comprendrez qu'il n'y avait pas de gaspillage pour prévenir la stabilité », s'est-il défendu.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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Droits humains au Burkina : Le regard de la directrice Afrique de l'Ouest et du Centre d'Amnesty international

Le Faso - Mar, 11/12/2018 - 20:45

La directrice Afrique de l'Ouest et du Centre d'Amnesty international séjourne au pays des Hommes intègres depuis le 3 décembre 2018. A l'occasion de son premier séjour au Burkina Faso, Evelyne Petrus Barry a rencontré la presse le lundi 10 décembre 2018. Une rencontre au cours de laquelle, elle est revenue sur le rapport 2018 d'Amnesty international intitulé « Les droits humains aujourd'hui ».

Le 10 décembre 2018, le monde commémorait les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Et c'est cette date symbolique qu'a choisi Amnesty international pour lancer son bilan sur la situation des droits humains durant l'année 2018.
Le document « Les droits humains aujourd'hui » présente l'état des droits humains dans sept régions du monde.

Pour ce qui concerne l'Afrique, le compte rendu d'Amnesty international fait ressortir que malgré des avancées, en 2018, de nombreux pays africains continuent de réprimer violemment la dissidence et de restreindre les possibilités de défense des droits humains. Des défenseurs des droits humains, les médias, les dissidents sont réduits au silence. « En 2018, nous avons vu nombre de ces dirigeants ‘'durs à cuire'' tenter de saper le principe même de l'égalité, qui constitue le socle des droits humains. Ils pensent que leurs politiques font d'eux de vrais durs, mais elles ne sont guère plus que des stratégies d'intimidation visant à diaboliser et à persécuter des populations déjà marginalisées et vulnérables », a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d'Amnesty international (Extrait du rapport 2018).

« Les Koglweogo doivent être encadrés par les forces de l'ordre »

Evelyne Petrus Barry, directrice Afrique de l'Ouest et du Centre d'Amnesty international, estime que le Burkina Faso a engrangé de nombreux acquis dans la défense des droits humains. Pour elle, la liberté d'expression et la liberté d'assemblée ne sont pas en danger. Les citoyens burkinabè doivent continuer donc à œuvrer pour que cela demeure.

Elle a salué également l'abolition de la peine de mort et aussi les efforts du gouvernement dans la lutte contre les Mutilations génitales féminines (MGF) et le mariage précoce.

Mais au-delà des acquis, la lutte contre ces deux phénomènes est toujours d'actualité. C'est pourquoi Amnesty international a fait des recommandations au Burkina Faso, en appelant le gouvernement à agir plus fermement contre les MGF et à continuer de réaliser des campagnes de sensibilisation pour l'abandon de ces pratiques dégradantes pour les femmes.

Un autre sujet qui a retenu l'attention de Mme Barry, ce sont les groupes d'autodéfense, les Koglweogo. Pour elle, ces groupes d'autodéfense commettent des exactions contre les populations, malgré le décret réglementant la police de proximité. Les Koglwéogo responsables d'exactions doivent donc répondre de leurs actes devant la justice, après que des enquêtes aient été menées pour situer les responsabilités. Elle déclare également que les groupes d'autodéfense doivent être encadrés par les forces de l'ordre pour éviter tout débordement.

Evelyne Petrus Barry a également déploré les attaques terroristes dont est victime le Burkina Faso. Elle rappelle qu'Amnesty international est contre la violence d'où qu'elle vienne. Et si l'organisation dénonce les violences que commettent les groupes terroristes, elle ne manque pas non plus d'appeler les pays à respecter les droits des présumés terroristes et à leur assurer des procès justes et équitables.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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58ème Anniversaire de l'Indépendance du Burkina : Le Faso Autrement invite les gouvernants à changer de fusil d'épaule

Le Faso - Mar, 11/12/2018 - 20:41

« Chers compatriotes,
Peuple du Burkina Faso,
Le 11 décembre 2018, notre pays commémore le 58ème anniversaire de son indépendance. En ce jour solennel, chargé de souvenirs et de symboles, Le Faso Autrement souhaite une bonne fête à l'ensemble du peuple burkinabè.

Le thème de cette célébration, « Bonne gouvernance et équité sociale pour une nation forte et prospère » est pertinent et d'actualité. Malheureusement, les gouvernants sont en déphasage total dans leurs actes et décisions avec les aspirations des braves populations, qui vivent stoïquement mais très difficilement une crise multidimensionnelle jamais atteinte dans notre pays.

En effet, cette célébration du 58ème anniversaire de l'indépendance de notre pays à Manga se déroule dans un contexte tout particulier pour la vie de la nation, marquée par le délitement des valeurs sociales, la morosité généralisée, pour ne pas dire la « rochosité » poignante et tentaculaire, et la tristesse grandissante dans les familles, causées par les conséquences désastreuses d'une économie en pleine désarticulation doublée d'une insécurité effrayante qui s'enracine sous la pression des groupes terroristes, mettant à mal l'intégrité territoriale de notre pays.

La tendance à la banalisation du terrorisme et de ses conséquences pour pouvoir continuer à festoyer et vivre dans les réjouissances comme si notre pays était dans une situation normale, relève d'une inconscience inquiétante pour l'avenir de notre chère Patrie et il est plus qu'urgent pour les gouvernants de changer leur fusil d'épaule.

Le Faso Autrement encourage donc nos gouvernants à améliorer leur gouvernance et à se mettre en phase avec le peuple Burkinabè dans ses aspirations à l'unité nationale, à mieux vivre ensemble et à la réconciliation nationale, devenue une impérieuse nécessité et un impératif catégorique pour la survie de notre cher et beau pays.

En ce jour anniversaire, Le Faso Autrement renouvelle son soutien et ses encouragements à nos braves Forces de Défense et de Sécurité pour les sacrifices consentis pour la sauvegarde du territoire national.
Bonne fête de l'Indépendance à toutes et à tous !
Que Dieu bénisse le Burkina Faso !

Rien n'arrête une idée arrivée à son heure

Ouagadougou, le 11 décembre 2018

Dr Ablassé OUEDRAOGO
Président du Parti Le Faso Autrement

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L'intervention militaire étrangère sera-t-elle bénéfique dans les pays dictatoriaux arabes ?

Le Faso - Mar, 11/12/2018 - 20:36

La journée internationale des droits de l'homme a été célébrée le 10 Décembre 2018. Cette célébration a été l'occasion d'évaluer la responsabilité des régimes dictatoriaux arabes en matière de protection des droits de l'homme. Un certain nombre de tensions spécifiques ont émergées entre les acteurs de la vie politique au sein des pays arabes ayant connu notamment le printemps arabe. Concernant l'avenir des régimes tyranniques arabes, bon nombre de questions les plus urgentes du moment doivent être traitées.

Comment les régimes dictatoriaux osent-ils défendre la cause des peuples occupés, alors qu'ils bafouent les droits de l'Homme ? Le respect des droits de l'homme constitue-t-il la principale revendication d'une partie du peuple arabe ? Comment prendre conscience des dangers qui menacent les pays arabes et de la nécessité d'assurer leurs sécurités ? Comment relancer le processus de transition démocratique ? Y a-t-il une alternative au changement pacifique dans les pays dictatoriaux ? Une partie du peuple arabe dans les pays anciennement colonisés porte-t- elle encore l'âme du sacrifice héritée de la lutte contre l'occupation ?

La disparition des dictatures est-elle dans l'intérêt d'une frange corrompue du peuple arabe ? Pourquoi ne pas mettre en balance les affres du colonialisme et de la dictature ? Pourquoi la question de l'intervention militaire étrangère dans les pays dictatoriaux demeure taboue ? La trinité (médiocrité, corruption, népotisme) est-elle devenue la religion non officielle des Etats dictatoriaux ? Pourquoi une partie du peuple arabe fait-elle l'éloge de la dictature ?

La complicité entre les régimes tyranniques et une partie du peuple arabe dans la corruption, le non-respect des droits de l'Homme et le népotisme, entrave les efforts pour l'édification d'un Etat de droit. Une partie du peuple arabe est opprimée et abusée du joug de la dictature, au point où certains citoyens se demandent s'ils ne seraient pas préférables d'être palestiniens.

De plus, la persistance de violation de droits de l'homme met en péril certains pays arabes et force est de constater qu'une partie du peuple se soumet à la dictature. Pis, cet avilissement a atteint le niveau d'une idolâtrie. Or, l'absence de démocratie dans certains Etats arabes augmente le risque d'escalade vers une confrontation entre les citoyens.

Dans les pays oppressifs, la crainte d'une partie du peuple arabe de perdre leurs privilèges illégaux, leurs postes de travail obtenu par népotisme et leurs réseaux de corruption, conduira très probablement à des règlements de comptes qu'aucun parti d'opposition politique ne serait à même d'endiguer, dans le cas d'une absence d'une transition démocratique pacifique.

De mon point de vue, l'approche sécuritaire proposée par l'intervention militaire étrangère dans les pays dictatoriaux peut répondre aux problèmes politiques : les intérêts d'une présence militaire étrangère dans les pays dictatoriaux et d'une transition démocratique peuvent se rejoindre et n'en déplaise à certains panarabistes, l'intervention américaine en Irak en 2003 a permis la disparition de la tyrannie de Saddam Hussein. Une libération de l'oppression, une intervention qui a offert au pays le salut.

Cette orientation toujours d'actualité peut être salvatrice pour une partie du peuple arabe. En outre, l'inconcevable est devenu réalité : ne pas reconnaitre que des citoyens s'oppriment entre eux dans certains Etats Arabes, au nom d'une pseudo stabilité et unité nationales est une hérésie.

Partisan de l'intervention militaire étrangère, la question de la présence militaire étrangère bute sur des tabous politiques qu'il est nécessaire de briser, à cause de la relation indécente nouée entre une partie du peuple arabe et les régimes tyranniques.

Ainsi, plusieurs scénarios sont envisagés sauf une probable présence militaire étrangère dans les pays dictatoriaux. Vouloir censurer les conséquences d'une éventuelle intervention militaire étrangère relève du procès d'intention, car la démocratie a un prix.

Benteboula Mohamed-Salah, Géographe
beyusek@hotmail.fr

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Relations sino-burkinabè : Bilan satisfaisant après six mois de coopération

Le Faso - Mar, 11/12/2018 - 18:01

Le 24 mai dernier, le Burkina annonçait la rupture de ses relations diplomatiques avec Taïwan pour se tourner dorénavant vers la République populaire de Chine. Six mois après, l'axe Ouagadougou-Pékin se porte bien. Dans l'interview ci-après, le point focal de la République populaire de Chine au Burkina Faso, Karim Démé, fait le bilan des six mois de relations entre les deux pays.

Lefaso.net : Il y a six mois de cela, le Burkina faisait le choix de la République populaire de Chine au détriment de Taïwan. Selon vous, quelles sont les raisons qui ont prévalu à ce choix ?

Karim Démé (K.D.) : Il faut reconnaître que la République populaire de Chine fait partie des pays du G5, donc les plus puissants du monde. Dans plusieurs domaines, « l'Empire du milieu » occupe une place de choix. Sur le plan économique, la République populaire de Chine est la première puissance mondiale. Ce rang lui confère un certain nombre d'atouts, de privilèges dans presque tous les domaines.

L'industrie par exemple (…) se porte bien et est très florissant. Le pays attire tous les hommes d'affaires et investisseurs du monde. A la dernière édition de cette foire [foire de Guangzhou, ndlr], tenue du 15 octobre au 4 novembre derniers, plus 150 hommes d'affaires étaient au rendez-vous avec à la clé de fructueuses rencontres B2B.

Sur le plan scientifique, la Chine occupe la deuxième place dans le monde depuis plus d'une dizaine d'années. Vous l'aurez remarqué, les appareils électroniques étaient très chers et le citoyen moyen ne pouvait se les procurer. Mais aujourd'hui, faites le constat vous-même. Presque tout le monde peut se payer un petit téléphone portable, les foyers s'achètent facilement des postes radio et/ou téléviseurs. Bref, cette avancée technologique de la Chine est palpable et a participé à l'amélioration des conditions de vie des populations de nos villes et campagnes.

Sur le plan diplomatique, la République populaire de Chine est aujourd'hui un acteur indispensable de la marche du monde. Elle est membre permanente du Conseil de sécurité des Nations unies. A ce titre, son point de vue compte sur les grands dossiers du monde en lien notamment avec les conflits et guerres. L'Empire du milieu occupe une place stratégique dans le monde et dispose d'une forte relation diplomatique et dynamique avec presque tous les pays du monde.

Lefaso.net : Qu'est-ce que le Burkina Faso gagne concrètement en renouant ses relations diplomatiques avec la République populaire de Chine ?

K.D. : Le Burkina Faso gagne beaucoup avec la République populaire de Chine. Je vous cite juste quelques exemples concrets en seulement six mois de coopération :
- Dans le domaine de la santé, la République populaire de Chine a fait don d'un grand hôpital à vocation sous-régionale, d'un coût global estimé à plus de 100 milliards de F CFA. Les travaux de ce centre de santé de référence vont débuter en 2019 à Bobo-Dioulasso.

Toujours dans cette rubrique, Wang Yong, chef de la mission médicale chinoise, et son équipe de huit médecins sont au Burkina Faso depuis juillet dernier. En moins de six mois, ils ont soigné 700 hommes et femmes à l'hôpital de Tengandogo et à l'hôpital de l'Amitié de Koudougou. Ils ont assisté avec succès à des interventions chirurgicales de 60 patients.

- Les experts agricoles chinois conduits par Liang-Xiaoping ont formé, dans onze régions du Burkina Faso, plus de 300 cultivateurs pour améliorer quantitativement et qualitativement la production agricole. La Chine entend ainsi doubler la production du riz et du mil dans les trois prochaines années.

- Au ministère en charge de la Formation professionnelle, l'équipe de l'assistance chinoise est conduite par monsieur He Yuexun. Environ 830 apprenants des centres de formation professionnelle bénéficient de leurs enseignements.

- Les hommes d'affaires gagnent aussi leur compte dans cette coopération dynamique. Courant octobre-novembre derniers, plus de 150 acteurs de l'économie burkinabè sont allés découvrir les énormes potentialités qu'offre la République populaire de Chine. C'est à l'occasion de la foire de Guangzhou.

Dans la même lancée, en novembre dernier, une délégation de la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso a participé à l'exposition internationale d'importation de la Chine à Shanghai. A cette occasion, les produits « made in Burkina » ont suscité un grand intérêt pour les hommes d'affaires chinois.

- Depuis le début de la reprise des relations diplomatiques, le volume des produits importés du Burkina Faso a triplé et atteint aujourd'hui plus de 71 millions de dollars, soit environ 42 milliards de F CFA.

- 30 journalistes issus des médias publics et privés séjournent présentement en formation de trois semaines en Chine. L'objectif affiché étant de découvrir l'Empire du milieu, mais aussi se perfectionner.

- Sur le plan de la sécurité, un apport important est attendu de nos partenaires chinois.

Lefaso.net : Quelle est la vision du développement de la République populaire de Chine ?

K.D. : De mon point de vue, cette vision du développement de la République populaire de Chine tire sa sève nourricière dans le discours de son Excellence Monsieur le président Xi Jinping lors du Forum sur la coopération sino-africaine de Beijing, le 3 septembre 2018.

Lefaso.net : Déclinez-nous les principes de cette coopération chinoise.

K.D. : Dans la coopération, la Chine est attachée aux principes de sincérité, d'amitié et d'égalité.

Dans la coopération, la Chine est attachée aux principes des intérêts communs et de la primauté de l'amitié.

Dans la coopération, la Chine est attachée aux principes du pragmatisme, de l'efficacité et du développement pour le peuple. La Chine se donne pour mission d'apporter une nouvelle et plus grande contribution à l'humanité. Elle entend travailler main dans la main avec les autres pays pour construire une communauté de destin pour l'humanité, développer des partenariats à travers le monde, renforcer l'amitié et la coopération et explorer une nouvelle voie du développement des relations entre Etats fondées sur le respect mutuel, l'équité, la justice et la coopération gagnant-gagnant, de sorte à rendre le monde plus pacifique et plus sûr et à assurer une vie meilleure à tous.

Lefaso.net : Quel est l'apport de la Chine dans la gouvernance mondiale face aux enjeux de la mondialisation ?

K.D. : Face aux enjeux de notre époque, la Chine prendra une part active à la gouvernance mondiale en poursuivant le principe dit « consultations, coopération et bénéfices pour tous ». La Chine est un bâtisseur de la paix mondiale, un contributeur au développement dans le monde et un défenseur de l'ordre international.
La Chine poursuit la voie de l'ouverture et de la coopération gagnant-gagnant, défend avec détermination une économie mondiale ouverte et le système commercial multilatéral, et s'oppose au protectionnisme et à l'unilatéralisme. Celui qui s'isole sur une île déserte n'a pas d'avenir.

Lefaso.net : Dites-nous les fondements sur lesquels la Chine compte s'adosser pour construire le destin Chine-Afrique ?

K.D. : Dans le but de construire une communauté de destin Chine-Afrique encore plus solide dans cette nouvelle ère, la Chine entend travailler en étroite coopération avec l'Afrique pour mettre en œuvre en priorité « huit initiatives majeures » dans les trois ans à venir et au-delà, à savoir : l'initiative pour la promotion industrielle, l'initiative pour l'interconnexion des infrastructures, l'initiative pour la facilitation du commerce, l'initiative pour le développement vert, l'initiative pour le renforcement des capacités, l'initiative pour la santé, l'initiative pour les échanges humains et culturels et enfin l'initiative pour la paix et la sécurité.

Avec de telles initiatives, je peux vous assurer que le destin de l'Afrique ainsi que du Burkina Faso changera d'une manière drastique d'ici trois ans.

Lefaso.net : La République populaire de Chine est un grand pays, un pays industrialisé. Comment compte-t-elle aider le pays des Hommes intègres dans sa marche vers le développement ?

K.D. : Cette aide peut se faire à travers le renforcement des compétences des cadres de l'administration publique et privée ; l'octroi des bourses de formations aux jeunes burkinabè qui seront formés dans les meilleures universités chinoises et dans les filières porteuses ; la construction des grandes infrastructures telles que des routes, des ponts, des barrages, des usines de transformation des produits locaux, le réseau ferroviaire, des centrales d'électricité de grande capacité et l'appui à la réalisation d'autres projets de développement que l'Etat va juger prioritaires.

Lefaso.net : Taïwan était sur plusieurs chantiers de développement. La République populaire de Chine devrait faire mieux. Comment doit-elle agir sur le terrain pour atteindre cet objectif ?

K.D. : Bien sûr que la République populaire de Chine fera mieux que sa province Taïwan. Faites le constat vous-même, en six mois de relations, les lignes ont bougé. La Chine intervient sur de grands projets structurants (…). Pour mémoire je vous rappelle que l'évaluation de la contribution de Taïwan pour le Burkina Faso selon les sources du ministère des Affaires étrangères est estimée à 270 milliards en 24 ans de coopération.

Au niveau sectoriel, l'Empire du milieu est bien présent aussi bien dans les départements de la santé, de la formation professionnelle que dans l'agriculture. Tous les secteurs de développement verront la touche des Chinois pour peu que le pays en exprime le besoin.

Lefaso.net : Pour espérer voir le Burkina Faso comme la République populaire de Chine en termes de développement, quels conseils pouvez-vous donner aux différents acteurs ?

K.D. : Si vous permettez, je ne parle pas comme un donneur de leçons. Je pense modestement que nous devrions travailler dur et dans la discipline. L'Etat doit connaître les priorités de développement du pays ; les décideurs doivent élaborer des textes de lois qui encadrent davantage le commerce et les affaires et l'ensemble de la population doit être sensibilisé à la nécessité de bâtir un Etat moderne et prospère où tout le monde gagne son compte.

Lefaso.net : Dites-nous quel est votre message aux Burkinabè qui doutent de cette coopération ?

K.D. : C'est d'abord un mot de remerciement à la presse et au peuple burkinabè qui a accueilli avec enthousiasme cette nouvelle coopération. Je tiens à les rassurer que la République populaire de Chine travaillera aux côtés du peuple burkinabè pour mériter sa confiance légendaire. Nous nous donnons rendez-vous dans six mois, encore pour évaluer le chemin parcouru. Je profite de l'occasion pour vous annoncer que le 17 décembre, SEM Li Jian, ambassadeur de la République populaire de Chine, donnera un point de presse à 16h à l'ambassade, à Ouaga 2000.

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Accès à l'assainissement : Et si on changeait d'abord nos mentalités ?

Le Faso - Mar, 11/12/2018 - 17:30

80% de taux d'accès à l'assainissement en milieu urbain et 50% en milieu rural à l'horizon 2020. Cette promesse de campagne du président Roch Kaboré peine à se réaliser dans la province du Nahouri. A Pô, localité situé à environ 200 km de Ouagadougou, la tendance actuelle du taux d'accès à l'assainissement est évalué à 8, 6%.

« 70% des lits d'hôpitaux sont occupés par des malades qui n'auraient pas dû être là, si les Burkinabè avaient accès à l'eau potable, à l'hygiène et à l'assainissement ». Ces propos du représentant du directeur pays de Wateraid, Celestin Pouya, lors d'un atelier des parlementaires burkinabè en novembre 2017, en disent long sur l'état de l'assainissement au Burkina Faso. En effet, la question de l'assainissement se pose avec acuité, même dans les formations sanitaires. C'est le cas du Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Pô, où sur la cinquantaine de latrines que compte le CMA « celles qui fonctionnent véritablement, si c'est trop, elles sont au nombre de quatre » avoue le médecin responsable du CMA, docteur Luc Minoungou.

Pourtant, il existe bel et bien un service dédié à la promotion de l'hygiène et de l'assainissement au sein de cette formation sanitaire, mais souligne Dr Minoungou : « Nous n'avons pas de personnel dédié à l'entretien des toilettes. Notre personnel qui s'occupe du nettoyage n'est pas en nombre suffisant et leur mission se résume à la gestion des déchets biomédicaux, au nettoyage des bureaux et de la cour ».

Contrairement à d'autres formations sanitaires où l'accès aux toilettes se fait moyennant une petite contribution financière, l'accès gratuit au niveau du centre médical de Pô, expliquerait en partie, selon le médecin responsable du CMA, le comportement irresponsable de certains usagers. A cet effet, le CMA de Pô compte s'inscrire dans la même dynamique que les autres formations sanitaires. « On envisage cette éventualité également, mais il faudrait discuter avec la municipalité pour voir », a noté Luc Minoungou, conviant la population à adopter des comportements sains.

A ce sujet, le maire Akowé Victor Zangouyo confie : « le problème, c'est la mentalité. Certains préfèrent déféquer dans la nature plutôt que de payer la somme de 25 francs CFA pour se soulager ».

Conscient de la problématique de l'hygiène et de l'assainissement dans sa ville, le maire a par ailleurs annoncé qu'un partenariat avec l'Office national de l'eau et de l'assainissement (ONEA) permettra de doter les ménages et la ville de toilettes. En attendant, dans le cadre des festivités du 11 décembre, Pô a bénéficié de 6 km de caniveau qui permettront sans nul doute, d'améliorer le cadre de vie des populations.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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